Témoignage De Justine Massot (UNAREC)
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Témoignage De Justine Massot
Séminaire Clown Inside
Sicile Septembre 2010
J'ai participé à l'incroyable European Training Project "Clown Inside", organisé par l'association italienne Lunaria. Une semaine de rêve éveillé à Solarino, Sicile. Rêve éveillé ? Car oui le clown appartient au monde du rêve, il est femme et homme et utilise un langage universel: celui des émotions. Il fait rire, trouble et embrasse sincèrement. Et permettrait de lutter contre les différences sociales ?

C'est ce qu'a souhaité expérimenter Lunaria en accord avec Il Muro, compagnie de théâtre, de clownerie. Ainsi comment utiliser la clownerie face aux différences sociales ? Afin de créer du lien entre ces deux thèmes, nous avions deux ateliers qui les concernaient distinctement.
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Celui de la clownerie d'abord où il ne s'agissait pas d'apprendre à "faire le clown" mais bel et bien à "être un clown" en construisant notre personnage, en lui attribuant ses différentes caractéristiques: une démarche, un ou plusieurs tics, un salut.
C'était un gros travail où chacun devait faire tomber ses barrières de pudeur émotionnelle et apprendre à aller au bout de ses gestes, de son langage corporel. Nous y trouvions un apprentissage riche en techniques. Comment faire rire, comment gérer l'embarras face à un public en attente...
Nous avons ainsi rencontré bien des éléments amis mais également ennemis du clown. On nous remet finalement notre nez rouge personnel "une responsabilité" précieuse.

Lors du second atelier, le travail était axé sur l'exclusion sociale, sur la problématique que rencontrent bon nombre d'immigrants.
Qu'est-ce qu'être -si c'est le cas- et se sentir rejeté par un groupe?
Qu'est-ce qu(e s')intégrer?
Quels sont les stéréotypes nationaux qui peuvent précéder la véritable personnalité d'un étranger, ou d'une personne tout simplement?
Quel projet monter pour lutter contre ces fossés qui se creusent entre les gens?
Autant de questionnements et de débat qui ont permis de mener une réelle réflexion sur la problématique précédemment énoncée.



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Du travail, du travail, mêlé et surpassé de bonheur.
Qui nous portent vers des interventions sur le terrain.
Une école primaire d'abord, imaginez la tête d'enfants voyant débarquer plus d'une vingtaine de clowns dans les couloirs de leur école! Puis en ville où tout devient possible: toutes les mises en scène expérimentées auparavant lors de l'atelier sont habitées au grand jour.
L'après-midi direction une maison de jeunesse: performances interculturelles sur scène sont au programme.
Ceux qui hérissaient le poil à notre arrivée sont finalement les premiers à nous rejoindre pour quelques danses et sincères enlacements.
Le lendemain nous nous embarquons vers un hôpital pédiatrique où des liens plus forts que la veille se tissent avec les enfants. Faire éclater de rire un enfant dont la mère parle avec son docteur, quel bonheur...
Enfin nous nous dirigeons vers une maison d'accueil pour personnes polyhandicapées.
Je craignais d'être intimidée par cette population bien trop mise à l'écart et donc méconnue.
Mais leur sourire et leurs danses lors de notre intervention, la sincérité de leurs accolades me rappellent plus fort encore cette notion du langage universel des émotions.
Je réalise de plus le plaisir que j'ai à l'utiliser dans toute sa dimension.


Faire du lien entre les différents ateliers à l'aide des interventions est finalement, à mes yeux, un processus évident. Et débouche sur la structuration plus sûre d'un projet de lutte contre l'exclusion sociale que j'avais déjà ébauché.

Ce projet est celui d'ouvrir les camps-chantiers UNAREC à la population touchée par une déficience auditive de légère à profonde.

J'ai compris au travers de cette formation la force de la clownerie, du théâtre, pour lutter contre cette exclusion.

Pas besoin de mots, lorsque l'on est clown.

J'ai ainsi gardé contact avec l'association Il Muro, dont le maître clown Alessio Di Modica viendra me rendre visite afin de former un nouveau groupe de clowns proche de chez moi cette fois-ci. Et ainsi permettre à la nouvelle aventure que je projette de voir le jour.

Sans mentir, sans exagérer, le plus clownement du monde: cette semaine fût très probablement la plus enrichissante de ma courte vie.


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Merci encore de m'avoir permis d'en être.
Justine MASSOT
Correspondante Internationale
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